L’utilisation de notre cerveau affecte nos acouphènes

Crédit Photo : Seattletimes

Le cerveau reçoit et interprète quantité de signaux qu’il délivre finalement à notre conscience. Cette gêne particulièrement handicapante que représente les acouphènes est elle aussi soumise au travail interprétatif du cerveau. Ainsi, au-delà des seules déficiences physiques, c’est aussi le fonctionnement cérébral qui est contributeur de la nature et de l’intensité des acouphènes dont souffre tant d’individus. Une étude récente nous en dit plus.

Une étude associe utilisation du cerveau et acouphènes

Certaines personnes sont capables de s’accommoder de leurs acouphènes plus aisément que d’autres. Cette différence en termes de ressenti pour des déficiences similaires doit nous encourager à nous poser les bonnes questions. Une étude récente s’est précisément intéressé au facteur cérébral dans la perception des acouphènes afin d’établir s’il existe ou non une contribution du traitement de l’information à la souffrance auditive. Cette étude, publiée dans la revue PLOS ONE, révèle en réalité que ceux qui souffrent dans une moindre mesure des acouphènes utilisent des régions différentes du cerveau dans le traitement de l’information émotionnelle. Les chercheurs de l’Université de l’Illinois ont en effet remarqué que ces personnes recourent davantage au lobe frontal du cerveau. Ce serait donc le propre d’une activité plus intense du lobe frontal de favoriser le contrôle de la gêne et l’adaptation du cerveau sur le long-terme.

La richesse du diagnostic

Cette étude a été menée sur 32 sujets souffrant d’acouphènes à des niveaux variés. Afin d’analyser les spécificités de chacun, les chercheurs de l’Université de l’Illinois ont utilisé la technique de l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRM). Cette technique leur a permis de détecter et d’analyser les changements d’activité dans le cerveau par l’analyse des niveaux d’oxygène dans le sang. Les sujets concernés ont par ailleurs écouté une variété de sons que nous pouvons désigner comme des sons agréables, neutres ou désagréables. C’est par ce procédé que le lobe frontal a été mis en cause dans le phénomène d’adaptation dont profitait certaines personnes. En effet, tout le monde ne bénéficie pas de ce phénomène d’habituation qui permet de reléguer les sifflements et les bourdonnements au niveau de l’inconscient. C’est dans le cadre de ce constat qu’apparaît en fait l’intérêt de cette étude, puisqu’il est dès lors possible d’imaginer l’utilisation de techniques cognitives afin de susciter cette adaptation chez les sujets qui n’en bénéficiaient pas initialement. Le terrain émotionnel est ainsi aussi à explorer, certaines fragilités telles que la dépression ou l’anxiété pouvant donc contribuer à l’interprétation subjective négative des symptômes. Enfin, il est de la responsabilité des audioprothésistes d’intégrer ces informations afin d’offrir un service le plus complet possible et de continuer d’améliorer les méthodes de soin auditif sur le long terme, avec appareil auditif.

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