Démocratisation des soins auditifs ? Pas exactement

Crédit Photo: Synerpa

Mercredi 27 juin, le Conseil d’Etat a rendu une décision qui n’est pas sans importance dans le domaine de l’audition et des appareils auditifs. Les pharmacies sont désormais libres de vendre des assistants d’écoute, initialement réservés aux audioprothésistes ; c’est l’aboutissement d’une réflexion rejetant finalement les requêtes de l’UNSAF et du CNA, opposés à cette initiative. L’on pourrait être tenté de parler de démocratisation, mais ne nous hâtons pas trop.

Une distinction importante

Cette autorisation d’ajouter les assistants d’écoute à la liste des produits disponibles à la vente en pharmacie s’accompagne de certaines justifications. Le refus d’abroger pour « excès de pouvoir » l’arrêté du ministre des Affaires sociales et de la Santé du 13 août 2014, tel que suggéré par l’UNSAF et le CNA, se fonde notamment sur une distinction fondamentale : les assistants d’écoute ne sont pas des prothèses auditives. En effet, malgré leur caractère médical, ces dispositifs ne permettent pas d’autres ajustements que celui du volume d’amplification.

Deux dispositifs différents

D’un côté un objet standardisé, de l’autre un appareil auditif personnalisé. En raison de cette  différence, les assistants d’écoute ne sont guère recommandés en cas de déficience auditive importante ; leur capacité étant limitée à une puissance maximale de 20 décibels et non-adaptable aux spécificités des oreilles de chacun. En ce sens, nous pourrions bien parler de démocratisation des soins auditifs, ceux-ci devenant en partie plus accessibles, mais il est important de souligner la limite d’un tel changement. Les audioprothésistes restent donc les seuls à pouvoir délivrer des soins avancés et spécifiquement compatibles aux maux des patients, de par leur formation et leurs compétences. Prendre connaissance de ceci est notamment nécessaire afin de se préserver d’une dégradation des soins auditifs apportés, la substitution des deux dispositifs pouvant être préjudiciable à la qualité de notre écoute ; il sera donc parfois intéressant de tempérer la tentation d’aller au plus accessible, et de préférer une prothèse auditive à un assistant d’écoute lorsque cela est réellement bénéfique.

Un nouveau contexte

Le contexte a donc changé pour qui souhaiterait se procurer des soins auditifs. Le Conseil d’Etat affirme n’avoir aucunement entaché la qualité des soins publics par cet arrêté ; cette décision s’expliquant notamment par l’aggravation de certaines pathologies, que l’accessibilité de l’assistant d’écoute pourrait ainsi endiguer. Par ailleurs, il incombe aux pharmaciens de rediriger les clients vers un spécialiste lorsqu’ils jugent cela fondé. Ce développement de l’accessibilité d’un produit de soin auditif doit donc légitimement s’accompagner d’un jugement critique et honnête qu’il nous revient tous d’appliquer afin de se procurer les soins qui nous conviennent.

 

Source: Ouiemagazine

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