La FNEA dénonce l’assouplissement du numerus clausus

A la fin de l’année dernière, l’Autorité de la Concurrence révélait les conclusions de son enquête menée sur le secteur des prothèses auditives. Deux préconisations phares venaient bouleverser le paysage de l’appareillage auditif. S’en suivait une levée de bouclier de l’UNSAF, du CISS que nous avions déjà mentionné dans nos articles précédents. FNEA (Fédération nationale des étudiants en audioprothèse) vient à son tour de prendre position contre les propositions de l’Autorité.

Levée de boucliers de l’UNSAF et du CISS contre les recommandations de l’Autorité de la Concurrence.

Dans son enquête publiée en décembre 2016, l’Autorité de la Concurrence préconisait deux mesures majeures quant à l’organisation de la filière de l’appareillage auditif.La première recommandation avait trait au numerus clausus qui régit actuellement le nombre d’audioprothésistes diplômés chaque année et qui se révèle particulièrement faible au regard des besoins croissants d’appareillage et du vieillissement structurelle de la population. L’Autorité de la Concurrence suggérait donc de relever ce quota annuel afin d’ouvrir le marché à un plus grand nombre d’audioprothésiste diplômés d’état.

La deuxième recommandation portait sur la dissociation de la vente des appareils auditifs de celle des prestations de suivi. Une telle mesure aurait pour effet mécanique de faire baisser le prix de l’appareillage initial, contrairement au système actuel qui englobe dans un « forfait », souvent perçu comme une barrière financière, la vente de l’appareil auditif et les rendez-vous de suivi des quatre ou cinq années suivantes.C’est cette mesure contre laquelle le Syndicat National des Audioprothésistes (UNSAF) a immédiatement réagit, dénonçant une vision libérale de marchandisation de la santé et un risque de dégradation du système de soin. On peut en effet imaginer qu’un patient ayant pu s’appareiller avec un ou deux appareils auditifs, renoncera, par mesure d’économie, aux rendez-vous de suivi dont le coût est aujourd’hui inclut dans le « forfait » de vente de l’audioprothèse.

Le Collectif Interassociatif Sur la Santé (CISS) (qui regroupe des associations de patients et d’usagers) s’était ensuite prononcé à son tour contre cette mesure de dissociation de la vente d’appareil auditif et des rendez-vous de contrôle. Selon le CISS, une telle mesure, si elle se traduirait certes à court terme par une baisse des prix des audioprothèses, aurait en réalité à moyen / long terme des effets inflationnistes se traduisant inéluctablement par un renoncement des patients aux soins, notamment aux prestations de suivis, pourtant jugées nécessaires, voire indispensables par les professionnels du secteur. Le CISS n’encourage pas pour autant le statu quo et propose comme solution intermédiaire l’échelonnement des dépenses dans le temps, afin de lever la barrière financière d’accès aux soins et aux appareils auditifs. Rappelons qu’il existe en France près de deux millions de personnes qui auraient besoin de s’appareiller mais qui y renonce pour des raisons financières.

La FNEA s’oppose à son tour à l’enquête de l’Autorité de la concurrence

Le 19 décembre dernier, c’était au tour de la FNEA (Fédération nationale des étudiants en audioprothèse) de prendre position contre les recommandations de l’Autorité de la Concurrence et plus spécifiquement contre la mesure encourageant l’assouplissement du numerus clausus.

Pour les étudiants, cette proposition de relever le quota serait aussi inefficace dans la réalisation de l’objectif déclaré de faire baisser le prix de l’appareillage que néfaste en termes d’organisation de la filière. En particulier, les étudiants pointent du doigt le risque de désinflation salariale des audioprothésistes, alors même qu’une telle mesure, déjà appliquée dans le secteur de l’optique, n’a pas permis de faire baisser significativement le prix des équipements. Plus généralement, la Fédération étudiante relève l’inefficacité selon elle d’une régulation par le nombre de professionnels formés.

 

Source : site officiel de la Fnea

Publié le
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