Un exemple d’ingéniosité chez les audioprothésistes

Crédit Photo : Iheima

Travailler comme audioprothésiste ne saurait se résumer à la simple vente d’appareils technologiques. Les aides auditives ne sont vraiment utiles que lorsqu’elles s’adaptent aux spécificités de l’audition de chaque patient. Ainsi, être audioprothésiste suppose de poser des diagnostics pertinents et de comprendre le patient, qui exprime parfois quelques préférences, doutes ou craintes. Nous vous présentons aujourd’hui une démonstration d’ingéniosité, qui jette des lumières utiles et nouvelles sur la profession d’audioprothésiste.

L’ ingéniosité relatée d’un audioprothésiste

Dans le tout récent feuillet technique du mois de juillet publié par Audio-infos, un hommage est rendu à la motivation et à la perspicacité de Marcel Ben Sousson. Jeune audioprothésiste et responsable qualité chez VivaSon, celui-ci a répondu aux attentes d’un garçon et de sa mère. Afin d’y parvenir, sortir des sentiers battus était une nécessité. La solution alternative et audacieuse que le jeune homme a proposée est maintenant une piste de réflexion pour la plupart des cas de surdité unilatérale. L’article original est certes relativement technique mais nous allons tenter de vous l’expliquer en des termes simples et aisément compréhensibles.

Un besoin spécifique

La première fois que Marcel Ben Sousson reçoit le jeune garçon et sa mère, celui-ci remarque immédiatement que l’enfant ne porte pas ses appareils auditifs. Ce dernier souffre pourtant d’une surdité unilatérale, son oreille gauche étant totalement sourdre. Leur présence était à ce moment révélatrice d’une insatisfaction. Pourquoi ne portait-t-il pas ses appareils ? Le jeune garçon ne l’expliquait pas clairement, et sa maman affirmait qu’il craignait que l’appareil auditif porté sur l’oreille saine ne finisse par l’endommager. La maman avait en fait une difficulté à accepter que son fils, sourd d’une seule oreille, doive porter non pas un appareil auditif mais deux. Travaillant sur ce cas avec Jean-Baptiste Lemasson, par ailleurs rédacteur de l’article, ces deux audioprothésistes ont cherché une solution alternative à même de satisfaire ce besoin très spécifique. Afin de donner au jeune garçon une meilleure audition par le biais d’une seule aide auditive, ces derniers décident d’utiliser le transfert transcrânien. Le transfert transcrânien étant un phénomène que l’on cherche habituellement à éviter, c’est là l’originalité de cette réflexion qui transforme un obstacle en une solution. Pour un problème de surdité unilatérale comme celui-ci, l’application d’un système CROS est la réponse évidente, mais celui-ci comprend deux aides auditives. Ainsi, plutôt que de communiquer d’une aide auditive à l’autre, les audioprothésistes ont décidé d’utiliser ce phénomène pour établir une nouvelle communication, de l’aide auditive à l’oreille saine.

Une tentative réussie

Le jeune garçon montre très rapidement sa satisfaction, et en quinze jours se font déjà les derniers réglages. Par ailleurs, le garçon admet désormais avoir l’impression d’entendre aussi de l’oreille gauche. Au bout de trente jours, le garçon se montre totalement satisfait. Sa maman, elle, est bien sûr ravie de pouvoir enfin communiquer sans difficulté avec son fils. Ce petit cas est ainsi une réussite en termes auditifs mais aussi émotionnels, et permet sans aucun doute de mieux comprendre le métier d’audioprothésiste. Nous pouvons donc saluer ce travail plein d’ingéniosité, qui pourrait influencer certaines pratiques établies et améliorer les diagnostics.

Source: Audio Infos

Publié le

31/01

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