L’ Unsaf réagit à l’enquête menée par l’Autorité de la concurrence

Crédit Photo : Linxea

Peu de temps après la publication de l’enquête menée par l’Autorité de la concurrence, l’Unsaf réagit et donne un avis non-équivoque sur les propositions de l’institution. Rappelons que l’Autorité de la Concurrence encourageait la dissociation de la vente d’appareils auditifs avec la vente de suivis, ainsi que la suppression du numerus clausus.

Réaction de l’ Unsaf

Le 14 décembre dernier, l’Autorité de la Concurrence publiait les résultats de son enquête sectorielle relative à l’audioprothèse. Dans notre précédent article sur le sujet, nous avions rappelé combien les propositions de l’institution tendaient à bouleverser les pratiques établies. Les critiques étaient donc inévitables. C’est l’ Unsaf notamment qui a réagi rapidement le jour de la publication, dénonçant une « approche purement consumériste » ainsi qu’une intention de privatiser le système de santé. Le Syndicat National des Audioprothésistes s’oppose donc à ces mesures, et encourage les pouvoirs publics à en faire de même. L’Unsaf affirme défendre la qualité des services de l’audioprothèse en procédant de la sorte.

Les critiques

Les propositions de l’Autorité de la Concurrence sont les suivantes : la dissociation de la vente des appareils auditifs avec la vente des suivis d’une part, cela afin de permettre une diminution des « prix d’entrée » ; la suppression du numerus clausus d’autre part, facilitant l’insertion de nouveaux entrants potentiels sur le marché. Deux mesures destinées à renforcer la concurrence et faciliter l’appareillage pour le plus grand nombre. Le syndicat explique que c’est seulement à défaut d’avoir trouvé les fameuses « rentes » souvent imputées à tort à l’audioprothèse que l’Autorité de la Concurrence s’est reportée sur ces recommandations. L’Unsaf insiste ainsi sur le caractère dommageable qu’aurait l’application de telles mesures en termes de santé publique et de qualité, ces dernières ignorant notamment plusieurs études scientifiques et médico-économiques sur le sujet.

Un enjeu de santé

L’Autorité de la Concurrence n’aurait donc pas reconnu l’audioprothèse pour ce qu’elle est, c’est-à-dire un dispositif médical, mais plutôt comme un simple produit de consommation.  Elle n’en a pas moins noté que « le prix moyen pratiqué en France est comparable au prix moyen relevé dans les autres pays de l’Union européenne ». En termes de prise en charge par ailleurs, l’institution remarquait le retard de l’Assurance maladie. Cependant, si le Gouvernement a récemment pris position de manière positive sur le sujet, l’Unsaf reproche à l’Autorité de la Concurrence une tendance à la marchandisation de la santé. Le syndicat conteste donc les résultats de cette enquête et appelle le gouvernement à solliciter l’Inspection Générale des Affaires sociales et la Haute Autorité de Santé pour mener un nouvel examen du secteur.

Source : EDP-Audio

Publié le