La douleur auditive : un phénomène de plus en plus banal

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Surdité, surdité, surdité. Nous aurions beau répéter ce mot, certains ne pourraient pas l’entendre. Par chance, nombre de solutions existent aujourd’hui afin de venir en aide à ceux privés d’une bonne audition. L’appareil auditif, du fait de la recherche scientifique, est un objet d’innovation et une source de performances renouvelées. Cependant, ce mal sévère qu’est la surdité n’est pas le seul qui touche notre société, moderne et de plus en plus technologique.

Le « bruit » grandissant de notre société

Dans une société où  le progrès technologique est une préoccupation permanente, où l’urgence est un phénomène en progression et où les sollicitations sont de plus en plus nombreuses, nos sens sont mis à rude épreuve. Ce bouillonnement du quotidien que nous vivons tous aujourd’hui à des degrés divers est aussi une peine en puissance pour notre oreille. Si la fête de la musique est maintenant terminée, cette expérience de joie illustre parfaitement le paradoxe que représente le plaisir d’entendre ; un plaisir fait d’intensité mais aussi d’agressions. La performance technologique peut être ainsi source de contradictions pour l’individu qui souhaite profiter de ses sens, oscillant entre la force des baffles et la précision salvatrice des appareils auditifs par exemple. Les premières campagnes de prévention auditive ne datent pas d’hier, prévenir est pourtant une nécessité qu’il faut réaffirmer à notre époque.

Etre disciplinés dans notre écoute

Le fait même de mener des campagnes de prévention est révélateur d’une chose, la population – nous tous – nous nous exposons à des agressions dont les sources sont notre environnement direct ainsi que nos choix au quotidien. Un travail de conscience ne pourrait être que bénéfique à notre audition, un bien précieux qui n’est certainement pas inaltérable. Il existe des astuces et de simples réflexes qui d’ailleurs ont fait l’objet d’une communication spécifique à l’occasion de la fête de la musique. Il existe des applications gratuites permettant de mesurer le niveau d’agression auditive sur la base d’une mesure décibel, l’usage occasionnel de protections peut soulager notre capital auditif et il est aussi important de se réserver quelques pauses auditives dans la journée. Cet exercice de discipline est bien-sûr destiné à nous raisonner, mais pas seulement.

Une agression de plus en plus commune

Le plaisir d’écouter n’est pas toujours la cause de nos excès auditifs. C’est là l’idée de nuisance sonore, une nuisance qu’au quotidien nous pourrions de plus en plus considérer comme normale.  En effet, nombre d’études scientifiques et économiques ont été menées afin de révéler le coût humain d’un côté, et le coût monétaire de l’autre, du bruit ambiant. Il ressort qu’en France, environ 9 millions d’individus seraient exposés  de manière importante au bruit de la circulation, relevant d’un coût santé de plus de 11 milliards d’euros. Il existe cependant d’autres coûts, moins évidents, tel que celui de la perte de productivité au travail que cause ce phénomène d’agression auditive passive, ouvrant la voie à des interprétations plus vastes sur les effets dévastateurs du bruit et de la nuisance sonore. Par ailleurs, plus de la moitié des jeunes de 16 à 34 ans ont déjà souffert de bourdonnements ou de sifflements liés à l’exposition au bruit, évocateurs d’acouphènes. Notre quotidien est peuplé d’agressions que nous ne percevons plus et pouvant mener à la surdité ou causer d’autres effets néfastes ; cette discipline dont nous parlions plus haut doit ainsi intégrer une prudence renouvelée vis-à-vis de notre environnement, cela afin de protéger notre précieux capital auditif.

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