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Lire un audiogramme : comprendre et interpréter les résultats de votre test auditif

Mis à jour le 28/09/2026

Il arrive parfois d’avoir l’impression d’entendre moins bien. Cependant cette perception est subjective et appelle un bilan d’audition. Un test auditif est réalisé pour mesurer la capacité d'entendre divers bruits et intensités, dans le but de diagnostiquer d’éventuels troubles auditifs. Cette méthode d'évaluation de l'audition, appelée audiométrie, se traduit par un audiogramme, qu’il n’est pas toujours évident d'interpréter. 

Découvrez avec VivaSon comment lire un audiogramme et comprendre les résultats de votre test auditif. 

Qu'est-ce qu'un audiogramme ?

Un audiogramme est un graphique composé de deux axes sur lesquels sont reportées les mesures d'audiométrie tonale, qui teste les sons purs à différentes fréquences, et vocale, qui évalue la compréhension des mots.

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Audiogramme tonal axes du graphique, les fréquences en abscisse, et les décibels en ordonnée
Audiogramme vierge

Axe des fréquences (Hz) : les sons entendus par l’oreille

Lors d’un bilan auditif, le seuil d’audition est mesuré pour différentes fréquences (125 Hz à 8000 Hz) grâce au test auditif tonal. L’objectif est d’estimer la capacité du patient à entendre différents sons. Pour chaque oreille, l’audioprothésiste émet, pour chaque fréquence testée, un “son pur” (une seule fréquence jouée) à une certaine intensité, qui est augmentée petit à petit jusqu’à ce que le son soit perçu.

Sur l’audiogramme, ces mesures sont reportées sur l’axe horizontal et sont exprimées en Hertz (Hz) : de gauche à droite, vous avez respectivement les graves, médiums puis les aigus.

Axe des intensités (dB) : le niveau sonore perçu

L’axe vertical représente quant à lui le niveau sonore nécessaire pour entendre un son. Il est exprimé en décibels Hearing Level (dB HL). Plus les mesures sont basses, plus le son doit être fort pour être entendu par le patient. 

Représentation graphique 

Deux courbes, de couleurs différentes, figurent sur un audiogramme . Elles symbolisent l’audition de chacune des oreilles par conduction : 

  • O rouge : oreille droite ; 
  • X bleu : oreille gauche.
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Exemple d'un audiogramme tonal par VIvaSon
Audiogramme d'un patient presbyacousique diagnostiqué dans un centre auditif VivaSon

Abréviations à connaître

Pour lire un audiogramme, il convient de connaître différentes abréviations : 

  • CHL : Conductive Hearing Loss. Ces mesures nous renseignent sur la surdité de transmission. L’écart air-os est supérieur ou égal à 15 dB, il signifie une atteinte de l’oreille externe ou moyenne ; 
  • CHL - A : Conductive Hearing Loss - Asymmetric : nous sommes en présence d’une surdité de transmission asymétrique. Une oreille est plus atteinte que l’autre si l'asymétrie est supérieure ou égale à 15-20 dB.
  • UCL : Uncomfortable (Loudness) Level : Seuil d’inconfort auditif. Cette mesure exprime à partir de quel seuil le son devient désagréable ou douloureux. Normalement, il se situe aux alentours de 90 - 100 dB HL. S’il est bas, on peut suspecter une hyperacousie ;

Comment lire un audiogramme : interprétation des résultats 

Lecture des courbes auditives

Pour lire un audiogramme et comprendre les résultats obtenus au test auditif, le patient doit regarder où sont positionnés les points correspondant aux fréquences par rapport à l’axe vertical : plus les points sont bas, plus la surdité est importante. 

Les fréquences situées entre 500 et 2000 Hz sont particulièrement importantes, car elles correspondent aux fréquences de la parole. 

Quels sont les différents degrés de perte auditive ?

Pour interpréter les résultats obtenus et évaluer le degré de perte auditive, vous pouvez rapporter vos résultats au tableau suivant : 

Seuil (dB HL)Interprétation
0 - 20Audition normale
21 - 40Surdité légère
41 - 70Surdité moyenne
71 - 90Surdité sévère
Supérieur à 90Surdité profonde

Au-delà de 20 dB HL, on évoque une surdité, même légère, qui révèle une atteinte auditive et nécessite un appareillage. La pathologie est significative au-delà de 40 dB HL. 

 

Calculer votre perte auditive moyenne (PTA)

Pour résumer un audiogramme en un seul chiffre, les professionnels calculent la perte tonale moyenne, souvent notée PTA (Pure Tone Average) sur les comptes rendus. La méthode de référence consiste à faire la moyenne des seuils relevés à 500, 1000, 2000 et 4000 Hz sur la courbe de conduction aérienne [1]. C'est ce que désigne la mention AC PTA, AC signifiant air conduction ; on trouve plus rarement BC PTA, calculée sur la conduction osseuse.

Prenons une oreille dont les seuils sont de 15 dB à 500 Hz, 20 dB à 1000 Hz, 35 dB à 2000 Hz et 50 dB à 4000 Hz. La somme atteint 120 dB, soit une moyenne de 30 dB une fois divisée par quatre, ce qui correspond à une déficience auditive légère (grade 1, de 20 à moins de 35 dB) [1]. Le calcul se fait oreille par oreille, et la classification du BIAP attribue désormais un grade à chacune séparément [1].

Cette moyenne reste un repère, pas un diagnostic. Dans l'exemple, elle masque une chute nette dans les aigus, à 4000 Hz, que seule la lecture fréquence par fréquence fait apparaître. Elle ne dit rien non plus de la compréhension de la parole, que mesure l'audiogramme vocal.

Exemples commentés d’audiogrammes

Audiogramme tonal par conduction aérienne

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Audiogramme tonal par conduction aérienne
Audiogramme tonal par conduction aérienne

 

Audiogramme tonal par conduction osseuse

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Audiogramme tonal par conduction osseuse
Audiogramme tonal par conduction osseuse

La courbe des seuils d’inconfort

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Audiogramme tonal avec seuils d'inconfort
Audiogramme avec les seuils d'inconfort

Comprendre son audiogramme tonal dans son intégralité

Tester les deux types de conduction permet d'identifier avec clarté le type de surdité dont est atteint le patient. Dans l’exemple ci-dessous, les deux courbes se superposent, nous sommes donc confrontés à une perte auditive de perception . Le son est bien transmis à la cochlée par les voies naturelles de conduction, mais le signal n'est pas perçu par les cellules sensorielles appelées cellules ciliées.

Pour chaque oreille testée, trois courbes seront ainsi tracées : celle de conduction aérienne, de conduction osseuse et celle des seuils d’inconfort.

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Audiogramme tonal
Exemple d'un audiogramme tonal complet avec courbes de conduction aérienne et osseuse superposées et les seuils d'inconfort
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Audiogramme qui indique une surdité de transmission
Audiogramme indiquant une surdité de transmission avec une courbe de conduction aérienne plus basse que la courbe de conduction osseuse

En complément du test d’audiométrie tonale, le test vocal peut être réalisé. Le patient devra répéter des mots (souvent dissyllabiques) qui lui seront donnés oralement, à différentes intensités, à travers un casque. 

Les résultats sont également rendus par un tracé qui met en corrélation l'intelligibilité en dB et le pourcentage de mots entendus à ce niveau. On estime que l'audition est normale lorsque l’intelligibilité est de 100% pour une intensité de 20 dB.

L'audiogramme vocal

En complément de l'audiométrie tonale, un test vocal peut être réalisé. Le patient répète des mots, souvent dissyllabiques, qui lui sont donnés oralement à différentes intensités à travers un casque.

Les résultats forment un tracé distinct de l'audiogramme tonal : il met en regard l'intensité en dB et le pourcentage de mots correctement compris à ce niveau, ce qui mesure l'intelligibilité de la parole. On estime que l'audition est normale lorsque l'intelligibilité atteint 100 % pour une intensité de 20 dB.

Votre audiogramme est-il normal ?

Une fois les courbes lues et la moyenne calculée, deux repères permettent de situer votre résultat : le seuil de la classification clinique, identique à tout âge, et l'évolution attendue de l'audition avec les années.

L'audition normale : moins de 20 dB

Un audiogramme est considéré comme normal lorsque la perte tonale moyenne reste inférieure à 20 dB HL : c'est le grade 0 de la classification du BIAP, dit audition dans les limites habituelles [1]. Ce repère vaut quel que soit l'âge, puisque les grades sont définis uniquement en décibels, sans correction selon l'âge du patient. À 75 ans comme à 30 ans, une moyenne de 25 dB correspond donc à une déficience légère.

Une moyenne normale n'exclut pas pour autant une chute isolée sur une ou deux fréquences, le plus souvent dans les aigus, ni une gêne dans le bruit. Le BIAP rappelle d'ailleurs que l'audiogramme tonal ne renseigne ni sur la compréhension de la parole ni sur les difficultés d'écoute au quotidien [1]. En cas de gêne ressentie malgré des courbes normales, l'audiogramme vocal apporte un complément utile.

Tableau de référence par âge (30 à 80 ans)

L'audition baisse naturellement avec l'âge, plus vite dans les aigus que dans les graves, avec de fortes différences d'une personne à l'autre [2]. La norme internationale ISO 7029 décrit cette évolution chez des personnes à l'oreille saine, sans exposition excessive au bruit ni traitement ototoxique [2]. Le tableau ci-dessous en donne les valeurs médianes : pour chaque décennie, la valeur basse correspond aux femmes, la valeur haute aux hommes.

ÂgePerte moyenne attendue (500 à 4000 Hz)Seuil attendu à 4000 Hz
30 ans0 à 1 dB0 à 1 dB
40 ans2 à 3 dB3 à 5 dB
50 ans5 à 6 dB7 à 11 dB
60 ans10 à 12 dB15 à 20 dB
70 ans18 à 19 dB27 à 33 dB
80 ans29 à 30 dB43 à 50 dB*

* Au-delà de 70 ans, les valeurs ISO à 3000 Hz et plus sont données à titre indicatif [2].

Jusqu'à 70 ans, la moyenne médiane reste sous le seuil de 20 dB : à cet âge, la moitié des personnes à l'oreille saine conservent une audition classée normale. À 80 ans, elle atteint environ 30 dB, soit une déficience légère : fréquente à cet âge, elle n'en reste pas moins une perte auditive qui mérite d'être évaluée. Dans la population générale, qui inclut les expositions au bruit et les pathologies de l'oreille, les seuils mesurés dans les aigus sont souvent plus élevés que ceux de la norme [3]. Un écart par rapport à ce tableau ne constitue pas un diagnostic, mais un motif pour faire contrôler son audition.

Pourquoi et quand faire un audiogramme ?

L'audiogramme mesure votre capacité auditive à un moment donné et situe précisément la gravité d'une éventuelle perte. Plusieurs signes doivent inciter à le faire : des difficultés à comprendre votre interlocuteur au téléphone, du mal à suivre une conversation à plusieurs, des remarques répétées de vos proches ou l'apparition d'acouphènes et de bourdonnements.

Il joue aussi un rôle de prévention, même sans gêne ressentie, si vous travaillez dans un environnement bruyant, si des pertes auditives précoces existent dans votre famille ou si vous suivez un traitement ototoxique, certains médicaments pouvant endommager les fonctions auditives ou vestibulaires. Il permet alors de repérer tôt un traumatisme sonore ou une baisse débutante.

Répété à intervalles réguliers, l'audiogramme devient une référence : en comparant les courbes successives, le médecin ORL ou l'audioprothésiste suit l'évolution de votre audition. Le rythme conseillé selon l'âge et la situation est détaillé dans notre page quand faire un test auditif chez l'adulte.

Qui réalise un audiogramme et où le faire ?

L'audiogramme est réalisé par un médecin ORL ou par un audioprothésiste, en cabine insonorisée, à l'aide d'un audiomètre. Leurs rôles diffèrent : l'ORL est le seul à pouvoir poser un diagnostic médical et proposer un traitement, tandis que l'audioprothésiste mesure l'audition, explique les résultats et vous oriente vers un médecin si une baisse est détectée.

Si l'audiogramme justifie un appareillage, une ordonnance est nécessaire. Pour un premier équipement, elle est rédigée par un ORL ou par un médecin généraliste formé en otologie médicale ; le renouvellement peut être prescrit par tout médecin pour les patients de plus de 6 ans [4]. Les détails figurent dans notre page sur l'ordonnance pour un appareil auditif.

Vous pouvez faire réaliser votre audiogramme chez un ORL, en cabinet ou à l'hôpital, ou dans un centre d'audition. Chez VivaSon, le bilan auditif, remise de l'audiogramme comprise, est gratuit. Un test auditif en ligne permet un premier dépistage, mais il n'a pas de valeur médicale et ne remplace pas un audiogramme réalisé en cabine.

Sources et références

[1] Bureau International d'Audiophonologie (BIAP). Recommandation relative à la classification audiométrique du degré de perte auditive. 1er septembre 2026.

[2] ISO 7029:2017. Acoustique — Distribution statistique des seuils d'audition en fonction de l'âge et du sexe. Organisation internationale de normalisation, 2017.

[3] Trends in Distributions of Hearing Threshold Levels by Ages: A Comparison of the ISO 7029 and Newly Available Country-Specific Data. Journal of Audiology & Otology. 2024. doi:10.7874/jao.2023.00626

[4] Ameli.fr / Assurance Maladie. Aides auditives : quelle prise en charge ? https://www.ameli.fr/assure/remboursements/rembourse/soins-protheses-dentaires-optique-audition/protheses-auditives

Un doute sur votre audition ?

Si vous avez le moindre doute concernant votre audition, ne tardez pas à consulter un professionnel. Des signes comme des difficultés à entendre les conversations, des sons étouffés ou des bourdonnements peuvent indiquer une diminution auditive. Un dépistage précoce est essentiel pour un traitement efficace, alors n'hésitez pas à prendre rendez-vous pour une évaluation complète de votre audition !

Ruben Krief, Audioprothésiste et responsable audiologie
Ruben Krief
Audioprothésiste et Directeur audiologie
Diplômé du CNAM à Paris en 2015 d'un Diplôme d'Etat Audioprothésiste, Ruben débute en tant qu'audio dans le centre auditif VivaSon République, à Paris. Rapidement c'est l'aspect technique et scientifique de la profession qui l'intéresse le plus et décide d'approfondir ses connaissances en audiologie. Attiré par l'impression 3D et les techniques d'appareillage de pointe, il a fait de la mesure in vivo sa spécialité en cabine. En tant que Responsable audiologie, Ruben Krief assure une mission d'intérêt pédagogique au sein de VivaSon pour transmettre ses connaissances et meilleures pratiques aux audioprothésistes du réseau. Cette mission présente aussi un aspect matériel pour les tests de nouveaux produits ainsi qu'une dimension relationnelle primordiale pour pérenniser l'échange avec les fournisseurs et nos équipes de terrain dans toute la France.

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