Le danger des troubles auditifs non-traités

Crédit Photo : MinervaBusinessWomen

C’est au cours de la 38ème édition du congrès des audioprothésistes qu’Hélène Amieva, professeur en neurosciences et en neuropharmacologie, a abordé les résultats préliminaires de ses dernières recherches. Etudiant l’impact des troubles auditifs sur l’individu au-delà de la simple perte de l’audition, ces recherches pourraient bien donner un argument de poids en faveur du port d’audioprothèses.

Les dangers et le sur-risque de la perte d’audition

L’équipe conduite par le professeur Amieva, outre le fait de valider la contribution de la perte de l’audition au déclin cognitif, apporte de nouveaux résultats édifiants. En effet, d’après cette étude, les troubles auditifs représenteraient notamment un risque accru – ou sur-risque – de dépression, de démence et de dépendance. C’est à la suite d’une longue démarche empirique impliquant près de 3700 personnes que ces conclusions ont été avancées. En ce sens, il est difficile de fermer les yeux sur de tels dangers ; rappelons qu’après 65 ans, c’est environ 30 pourcents des individus qui sont touchés par des troubles de l’audition. Le diagnostic clinique à l’origine de constat se fonde par ailleurs sur une évaluation de la démence qui est de qualité, expliquait Hélène Amieva ; des médecins spécialistes ont analysé avec soin les patients participant à l’étude, au travers de trois étapes successives mobilisant différents niveaux d’expertise. Il en est ressorti que les sujets admettant souffrir de troubles de l’audition présentent un risque supérieur de démence.

L’utilité des appareils auditifs

Cependant, nul besoin de s’inquiéter outre mesure. Hélène Amieva affirme en effet que ce sur-risque diagnostiqué chez les individus souffrant de troubles auditifs est absent chez les personnes appareillées ; de fait, l’appareillage apparaît être la solution première afin d’endiguer ce risque supplémentaire de démence qui vient avec l’âge et la perte de l’audition. C’est une conclusion similaire à celle de la démence qui est émise au sujet de la dépendance, le risque apparaissant significatif chez les personnes non-appareillées. Bien-entendu, nous parlons ici de dépendance dans les actions de la vie quotidienne ; une perte d’autonomie en d’autres termes. Ces résultats sont suffisamment sérieux pour chercher à les confirmer définitivement au travers d’une étude d’intervention, c’est ce qu’expliquait finalement Hélène Amieva. Les enjeux sociaux d’un tel constat ne sont pas négligeables, et la  prise en charge de certains traitements afin d’accompagner les individus dans la vieillesse peut être légitimement imaginée. Quoi qu’il en soit, la prise de conscience de ces risques constitue déjà un pas en avant remarquable, et il serait souhaitable qu’une forme de prudence liée à la perte de l’audition soit progressivement adoptée par la population.

Source: EDP Audio

Publié le
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