La « guerre du volume » détruit nos oreilles … et la musique

Crédit Photo : Omja.fr

Guerre du volume ? Quel phénomène se cache derrière ce terme évocateur ? L’expression vient de l’anglais « Loudness War », qui désigne avec un regard critique la pratique de l’industrie musicale à réduire les variations de volume de sonore afin de donner l’impression d’un volume général plus important. Focus sur ce phénomène nuisible à notre audition, qui pourrait tous nous conduire à porter des appareils auditifs à long terme.

Qu’est ce que la dynamique sonore ?

Nombreuses sont les études qui pointent du doigt le volume sonore trop important de la musique écouté par les jeunes, et des dangers pour l’audition que le phénomène engendre, de troubles auditifs temporaires à une réelle surdité nécessitant le port d’un appareil auditif. Or, ce dont on parle moins, c’est du fait que la musique devient de plus en plus forte en elle-même : il ne s’agit pas ici du volume de nos enceintes ou de nos casques audio que nous pouvons régler nous-même, mais du volume sonore à l’intérieur même des chansons ! Voici quelques explications sur ce qu’on appelle la « guerre du volume ».

Cette affirmation mérite explication : un son, quel qu’il soit, est composé d’ondes sonore dotées d’une énergie plus ou moins fortes, c’est-à-dire d’un volume plus ou moins fort. Cette énergie est mesurée en décibel et, traditionnellement, un morceau de musique de bonne qualité est riche de nuances en volume sonore. On parle d’ailleurs, en musique classique, de sons pianissimo ou fortissimo, dont l’intensité varie de 45 décibels à 100 décibels au sein d’un orchestre philarmonique par exemple. Il faut aussi savoir qu’un écart de 10 décibels correspond pour nos oreilles à un doublement du volume sonore : on voit de quelles subtilités peut-on donc profiter lorsque l’on se rend à l’auditorium !

La musique et son évolution a vu ces nuances de volume, que l’on appelle « dynamique sonore », se réduire. En effet un classique de jazz comporte moins de variations en intensité qu’une symphonie de Bach, de la même qu’un morceau de musique électronique a de grandes chances d’en comporter encore moins. Cela est en partie dû aux instruments de musique de type synthétiseurs, et à l’apparition de nouveaux styles de musique, ce qui est tout à fait normal.

La guerre du volume résulte de la compétition exacerbée dans l’industrie musicale

Cependant, aujourd’hui, l’industrie du disque, de la radio et de la télévision se livre à une véritable « guerre du volume » : les producteurs ont tendance à réduire la dynamique sonore dans le but d’augmenter la sensation de volume sonore des auditeurs. Il y a de multiples raisons à cet état de fait, à la fois sociales et commerciales. D’une part, nous écoutons depuis peu davantage de musiques dans des lieux publics bruyants, ce qui rend nous pousse à augmenter le volume pour avoir un son d’une qualité suffisante : les producteurs de musique s’adaptent donc en poussant les sons originellement piano au plus fort. La piètre qualité du matériel (casques et écouteurs) que nous utilisons, pour la plupart, pour écouter de la musique de manière mobile, est aussi en cause. De plus, une dynamique sonore aplatie permet de ne pas avoir à modifier le volume de nos enceintes entre plusieurs morceaux de musiques. Enfin, tout simplement, du fait de la concurrence dans le secteur musical, aucun artiste ni producteur n’accepte que ses créations sonnent moins forts que les autres ! D’autant plus que l’oreille humaine est naturellement plus attirée par les sons les plus forts : se faire remarquer par le volume devient inévitable ! Plus étonnant encore : les morceaux anciens sont aujourd’hui remasterisés afin d’augmenter le volume de leurs parties silencieuses !

La guerre du volume dont on parle actuellement font des sons saturé la norme, ce qui contribue à la bruyance croissante de notre environnement : c’est donc un facteur direct de l’augmentation du besoin en appareils auditifs ! Pour preuve,  glissez donc dans votre chaîne hifi, sans modifier le volume sonore de vos haut-parleurs, un CD datant d’il y a 20 ans et un CD acheté récemment … et écoutez la différence.

Source : Slate

Publié le
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