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L’appareillage auditif d’une surdité professionnelle

L’appareillage auditif d’une surdité professionnelle

19-06-19  -  Santé auditive au travail  -  Aurélien BAFEKR

La perte auditive n’est pas seulement due au vieillissement (presbyacousie), elle peut également survenir lors de son activité professionnelle. L’exposition au bruit, qu’elle soit ponctuelle ou chronique, provoque des lésions irréversibles à l’oreille interne (cellules ciliées), diminuant les capacités d’audition et fragilisant le système auditif. La perte d’audition dans le monde professionnel peut se manifester à tout âge. Elle représente un enjeu de taille pour les audioprothésistes qui doivent suivre un protocole spécifique pour accompagner correctement le patient.

Qu’est ce qui caractérise une surdité professionnelle ?

La perte auditive liée au travail se caractérise par une surdité de perception irréversible au moins supérieure ou égale à 35 dB (décibels), avec ou sans acouphènes (le plus souvent avec).

Sur l’audiogramme du patient, on remarque généralement une chute qui commence autour de 4khz, avec un pic net appelé scotome. Celle-ci est parfois unilatérale, puis bilatérale sur du long terme si il y a exposition répétée aux bruits, avec la possibilité de finir en zone morte cochléaire (plus aucun son audible sur cette plage fréquentielle).

Très souvent, le patient attend longtemps avant d’être pris en charge, ce qui peut engendrer plusieurs choses :

  • Un recrutement cochléaire :  le patient est plus sensible aux sons tout en perdant de l’audition, il y a peu d’écart entre l’intensité minimale perçue (seuil d’audition) et l’intensité trop élevée perçue comme désagréable (seuil subjectif d’inconfort).
  • Subir une dégradation de la dynamique résiduelle
  • Développer une hypersensibilité aux sons (hyperacousie), en particulier pour des sons impulsionnels

L’appareillage auditif d’une perte auditive professionnelle

L’appareillage d’une surdité professionnelle est particulièrement délicate du fait de ses caractéristiques. Le recrutement cochléaire par exemple, qui se traduit par une hypersensibilité aux sons, rend difficile l’ajustement du gain. Il s’avère compliqué d’amplifier sereinement pour améliorer la compréhension sans que le patient éprouve de l’inconfort.

L’impact psychologique d’une perte auditive professionnelle est également décisif. Que ce soit l’hypersensibilité ou des acouphènes, la condition du patient peut le toucher profondément et le décourager à porter ses aides auditives. Il faut l’accompagner en douceur, prendre son temps. Il ne faut pas le brusquer si’il n’est pas motivé ou qu’il ressent une gène avec de nouveaux réglages.

La nature traumatique de la perte auditive, avec une chute très prononcée sur certaines fréquences aigus, implique également des difficultées pour amplifier sans provoquer de distorsions.

En somme, de nombreuses variables entrent en considération lors de l’adaptation, rendant chaque cas particulier : le niveau de perte auditive, le temps passé avant l’appareillage, les complications (acouphènes, hyperacousie…) et les variables individuelles (impact psychologique, les bénéfices attendus de l’appareillage, le degré de satisfaction…) etc.

Une prise en charge préventive

La correction auditive doit également être accompagnée d’une prise en charge préventive en proposant au malentendant des protections auditives sur-mesure qui soient adaptées à son environnement professionnel et qui ne le contraignent pas pendant son travail.

Il convient aussi de faire de la prévention sur les risques auditifs liés au bruit, que ce soit dans le monde professionnel ou dans la vie courante. Il faut également informer le patient des réglementations en vigueur en matière de protection de la santé auditive au travail. Le but étant de s’assurer que son entreprise soit en conformité avec la loi pour éventuellement signaler des abus ou revendiquer ses droits. Vous trouverez des ressources à ce sujet ainsi que des soutiens pour vos démarches en vous rapprochant d’associations comme la JNA,  qui organise chaque année la semaine de la santé auditive au travail, ou encore le CIDB (centre d’information sur le bruit).

Un accompagnement psychologique et administratif

Dans le cas où le patient travail encore, il faut qu’il soit guidé pour effectuer des démarches administratives permettant de reconnaître sa déficience auditive comme surdité professionnelle. Si c’est le cas, plusieurs aides sont accessibles pour financer son appareillage :

  • Une prise en charge à 100% par la Sécurité sociale soit 300€ par oreille en 2019
  • Faire une demande de Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) auprès de la MDPH pour pouvoir bénéficier d’une aide financière de l’AGEFIPH (secteur privé) ou du FIPHFP (secteur public)

Sources

MACI, Lucio, STASI-CARMELINA, Mario TAVOLARO-Anna Maria, PIERRI, D. I., et al. La réadaptation des travailleurs atteints de surdité professionnelle.

Surdi France, les aides financières, en ligne, consulté le 11/06/2019

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