Image
La névrite vestibulaire

La névrite vestibulaire ou neuronite vestibulaire

Mis à jour le 06/03/2026

Nos oreilles nous permettent d’entendre les sons, mais pas seulement. Elles ont bien d’autres fonctions, dont celle de nous faire tenir debout ! En effet, dans l’oreille interne se trouve le système vestibulaire périphérique, composé de cellules sensorielles et de nerfs qui détectent l’inclinaison du corps vis-à-vis de la gravité et connectées au cerveau. Au sein de ce système vestibulaire, le rôle du nerf inférieur et du nerf supérieur rend possible la stabilisation du regard et de la posture et protège des vertiges.

Mais, si le système vestibulaire dysfonctionne, comment poser un diagnostic sûr et quels traitements proposer aux patients atteints de névrite vestibulaire ?

Découvrez tout sur la névrite vestibulaire et ses conséquences avec VivaSon.

Le rôle du nerf vestibulaire

Le nerf du système vestibulaire, situé dans l’oreille interne, transmet des informations sensorielles sur la position de la tête par rapport à l’ensemble du corps. Le nerf sensitif est composé de branches : une branche supérieure et une branche supérieure et toutes deux sont reliées au ganglion vestibulaire.

Des études anatomiques montrent que le nerf vestibulaire supérieur est en moyenne 2,4 mm plus long que l'inférieur et présente davantage d'anastomoses (connexions) avec le nerf facial (36,8 % des cas contre 18,4 % pour l'inférieur) [5]. Cette différence anatomique explique pourquoi la névrite vestibulaire touche plus fréquemment la branche supérieure : la forme supérieure représente 40 à 48 % des cas, contre seulement 1,3 à 18 % pour la forme inférieure isolée [5].

La névrite vestibulaire, qu’est-ce que c’est ?

La névrite vestibulaire ou neuronite vestibulaire est un dysfonctionnement du système vestibulaire causé par une inflammation des nerfs vestibulaires. Cette pathologie est relativement fréquente : elle constitue la 3e cause de vertige périphérique la plus courante, après le vertige positionnel paroxystique bénin (VPPB) et la maladie de Ménière [2]. Elle représente environ 7 % des consultations dans les cliniques spécialisées dans le traitement des vertiges et 6 % des motifs de consultation aux urgences pour sensation vertigineuse [2]. Son incidence annuelle est estimée entre 3,5 et 15,5 cas pour 100 000 personnes [1][2]. Ce trouble vestibulaire guérit spontanément et n'atteint pas le système auditif durablement.

Mais quels sont les mécanismes de la névrite vestibulaire ? La crise intervient le plus souvent à la suite d'une infection virale banale des voies respiratoires et digestives. Les spécialistes constatent que le virus Herpes simplex (qui affecte les muqueuses buccales) est très souvent en cause, mais cette responsabilité n'est pas univoque.

Quelles sont les causes de la névrite vestibulaire ?

Les causes probables d'une névrite vestibulaire ne sont pas facilement identifiables. On l'impute généralement à une infection virale. Cette hypothèse se vérifie via l'anamnèse ou des examens sanguins. En effet, une infection des voies respiratoires supérieures est retrouvée dans 43 à 46 % des cas, et plus largement, 57 % des patients rapportent une infection précédant l'épisode [1][3]. La névrite vestibulaire peut également être causée par un dysfonctionnement vasculaire, dans de très rares cas.

Une atteinte du nerf vestibulaire

Lorsqu'il est enflammé, le nerf vestibulaire conduit mal le courant électrique et les informations qui assurent l'équilibre. C'est ainsi que le patient a une sensation de tournis et de vertige extrêmement violente, qui est d'autant plus forte à chaque mouvement de tête, accompagnée de nausées, de vomissements et de malaises. Les symptômes atteignent leur intensité maximale dans les premières 24 à 48 heures [1][2].

Labyrinthite ou névrite vestibulaire ?

La névrite vestibulaire peut être assimilée à une labyrinthite virale. Il y a pourtant une différence à nuancer. Si les vertiges et les pertes d'équilibres sont communs aux deux pathologies, il n'y a pas d'acouphènes ou de perte d'audition dans les cas d'atteinte d'une névrite vestibulaire.

Un autre critère objectif permet de les distinguer : le nystagmus positionnel de type parétique (direction fixe) est observé chez 80 % des patients atteints de névrite vestibulaire, contre seulement 26 % chez les patients atteints de la maladie de Ménière [1].

Les symptômes de la névrite vestibulaire

La névrite vestibulaire se manifeste par différents troubles :

  • des vertiges ;
  • des nausées, présentes dans 94 % des cas [1] et des vomissements (dans 54 % des cas [1])
  • une perte d’équilibre ;
  • des mouvements anormaux des yeux ;
  • une absence de perte d’audition.

La phase aiguë (vertiges sévères) dure généralement 2 à 3 jours, mais peut s'étendre jusqu'à une semaine ou plus [1][3].

Comment diagnostiquer une névrite vestibulaire ?

Pour établir le diagnostic clinique d’une névrite vestibulaire, le médecin traitant ou l’ORL va interroger le patient. Un examen attentif va permettre d’identifier les différents symptômes. Le nystagmus doit être normal, c’est-à-dire que le regard du patient doit être stable lorsqu’il balaie lentement des yeux de droite à gauche et du haut vers le bas, et ne pas partir dans tous les sens.

L’absence de surdité, d’atteinte du tympan, de fièvre, de raideur dans la nuque et de migraine indique qu’on est bien face à une névrite vestibulaire et non un vertige d’origine centrale, qui peut se révéler bien plus grave.

La précocité du traitement est déterminante : chez les patients traités dans les 24 premières heures, 100 % présentent un test calorique normal à 3 mois, contre seulement 58 % lorsque le traitement est initié entre 25 et 72 heures (p < 0,05) [8]. Il est donc essentiel de consulter rapidement en cas de vertiges aigus persistants.

Quel traitement pour soigner la névrite vestibulaire ?

Il est difficile de calmer rapidement les symptômes, car ils sont souvent liés à une infection virale. La première étape pour soigner une névrite vestibulaire est de diminuer l’inflammation au moyen d’un traitement médicamenteux. Sauf contre-indications, le patient peut être placé sous corticoïdes. Des neuroleptiques peuvent également soulager la crise, même s’ils peuvent retarder la compensation naturelle.

La précocité du traitement est déterminante : chez les patients traités dans les 24 premières heures, 100 % présentent un test calorique normal à 3 mois, contre seulement 58 % lorsque le traitement est initié entre 25 et 72 heures (p < 0,05) [7]. Il est donc essentiel de consulter rapidement en cas de vertiges aigus persistants.

Dans de rares cas, la névrite vestibulaire peut mener à une hospitalisation dans la mesure où la perte d'équilibre, les vertiges et les vomissements présentent un danger immédiat pour le patient.

Sur la durée et seulement si les symptômes persistent, une rééducation vestibulaire doit être prévue.

La rééducation vestibulaire : un traitement indispensable ?

Après la phase la plus aiguë de la névrite vestibulaire, si l’équilibre reste difficile et les épisodes de vertiges fréquents, le médecin ORL peut prescrire des séances de rééducation vestibulaire (kinésithérapie). Ce traitement vise plusieurs objectifs :

  • Stabiliser le regard en travaillant sur la coordination œil-tête-tronc ;
  • Retrouver une symétrie droite/gauche des oreilles internes ;
  • Augmenter l’équilibre avec un renforcement musculaire via des exercices dits de proprioception.

La rééducation vestibulaire se déroule chez un kinésithérapeute. Elle se termine lorsque des signes cliniques résiduels de la névrite vestibulaire (vertiges, pertes d’équilibre) ne persistent plus.

L'efficacité de la rééducation vestibulaire est bien documentée. Une revue systématique de 12 essais randomisés contrôlés portant sur 536 patients montre que la combinaison rééducation + corticoïdes est plus efficace que les corticoïdes seuls, avec une amélioration du score DHI (Dizziness Handicap Inventory) de -14,86 points dès le premier mois [8]. La rééducation agit prioritairement sur le ressenti subjectif du patient (perception des vertiges), tandis que les corticoïdes améliorent la fonction vestibulaire mesurable [8].

La rééducation vestibulaire dure typiquement de 4 à 10 semaines selon la sévérité des symptômes [9][10]. Elle se déroule chez un kinésithérapeute et se termine lorsque les signes cliniques résiduels de la névrite vestibulaire (vertiges, pertes d'équilibre) ne persistent plus. Son initiation précoce après le diagnostic améliore significativement les résultats.

Combien de temps dure une névrite vestibulaire ?

Les symptômes aigus de la névrite vestibulaire ne persistent généralement pas plus de quelques jours. Il est possible dans certains cas que la névrite persiste davantage, ou qu’elle devienne chronique avec des épisodes fréquents de vertiges.

La guérison de la névrite vestibulaire

Si la névrite vestibulaire est liée à une infection, la guérison progressive intervient entre quelques jours et plusieurs semaines, selon la capacité du corps à se défendre.

Il est difficile de se prononcer, mais la plupart du temps le syndrome vertigineux de la névrite vestibulaire s’estompe progressivement.

Complications possibles

Après une névrite vestibulaire, 10 à 15 % des patients développent un VPPB (vertige positionnel paroxystique bénin) dans l'oreille atteinte dans les semaines suivant l'épisode aigu [2]. Par ailleurs, 25 % des patients développent un PPPD (trouble vertigineux postural perceptuel persistant) dans les 3 à 12 mois [2]. Un suivi ORL après l'épisode aigu est donc recommandé

Sources et références

[1] Jeong J, Jung J, Lee JM. Developing a diagnostic algorithm for identifying vestibular neuronitis in acute dizziness: an overview of epidemiology, pathogenesis, and evidence-based guidelines for diagnostic approaches. Journal of Clinical Medicine. 2025;14(4):1295. PMC11866987.

[2] Ferri FF, Taylor RB. Vestibular Neuronitis. StatPearls [Internet]. Treasure Island (FL): StatPearls Publishing; 2025. NBK549866.

[3] Kim HJ, Park JH, Kim JS. Current diagnosis and treatment of vestibular neuritis: a narrative review. Journal of Yeungnam Medical Science. 2022;39(3):189-197. doi:10.12701/jyms.2022.00164

[4] Arbusow V, Schulz P, Strupp M, et al. Distribution of herpes simplex virus type 1 in human geniculate and vestibular ganglia: implications for vestibular neuritis. Annals of Neurology. 1999;46(3):416-419. doi:10.1002/1531-8249(199909)46:3<416::AID-ANA20>3.0.CO;2-W

[5] Himmelein S, Lindemann A, Sinicina I, et al. Differential involvement during latent herpes simplex virus 1 infection of the superior and inferior divisions of the vestibular ganglia: implications for vestibular neuritis. Journal of Virology. 2017;91(14):e00331-17. doi:10.1128/JVI.00331-17

[6] Strupp M, Zingler VC, Arbusow V, et al. Methylprednisolone, valacyclovir, or the combination for vestibular neuritis. New England Journal of Medicine. 2004;351(4):354-361. doi:10.1056/NEJMoa033280

[7] Sjögren J, Fransson PA, Magnusson M, Karlberg M, Tjernström F. Steroids for acute vestibular neuronitis — the earlier the treatment, the better the outcome? Otology & Neurotology. 2019;40(3):372-377. doi:10.1097/MAO.0000000000002106

[8] Huang HH, Chen CC, Lee HH, Lin YS, Chen YL. Vestibular rehabilitation therapy and corticosteroids for vestibular neuritis: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Medicina. 2022;58(9):1221. doi:10.3390/medicina58091221

[10] Vidal. Névrite vestibulaire. https://www.vidal.fr/maladies/systeme-nerveux/vertiges/nevrite-vestibulaire.html

[11] MSD Manuals. Névrite vestibulaire. https://www.msdmanuals.com/fr/accueil/troubles-du-nez-de-la-gorge-et-de-l-oreille/troubles-de-l-oreille-interne/névrite-vestibulaire

[12] Patel M, Arshad Q, Roberts RE, Ahmad H, Bronstein AM. Chronic symptoms after vestibular neuritis and the high-velocity vestibulo-ocular reflex. Otology & Neurotology. 2016;37(2):179-184. doi:10.1097/MAO.0000000000000949

[13] Kim HJ, et al. Anxiety and depression in adults with vestibular disorders: a systematic review and meta-analysis. The Laryngoscope. 2026. doi:10.1002/lary.70055

[14] Cousins S, Kaski D, Cutfield N, et al. Predictors of clinical recovery from vestibular neuritis: a prospective study. Annals of Clinical and Translational Neurology. 2017;4(5):340-346. doi:10.1002/acn3.400

Docteur clic, la Névrite vestibulaire, en ligne, consulté le 21/05/2021

ELSAN, clinique du pont de Chaume, Interview du Dr Balagué dans Femme Actuelle - Névrite vestibulaire : quels sont les différents traitements ?, en ligne, consulté le 21/05/2021

Ordre des masseurs et kinésithérapeute, La rééducation vestibulaire : une aide précieuse pour se débarrasser des vertiges et retrouver l’équilibre, en ligne, consulté le 21/05/202

Ruben Krief, Audioprothésiste et responsable audiologie
Ruben Krief
Audioprothésiste et Directeur audiologie
Diplômé du CNAM à Paris en 2015 d'un Diplôme d'Etat Audioprothésiste, Ruben débute en tant qu'audio dans le centre auditif VivaSon République, à Paris. Rapidement c'est l'aspect technique et scientifique de la profession qui l'intéresse le plus et décide d'approfondir ses connaissances en audiologie. Attiré par l'impression 3D et les techniques d'appareillage de pointe, il a fait de la mesure in vivo sa spécialité en cabine. En tant que Responsable audiologie, Ruben Krief assure une mission d'intérêt pédagogique au sein de VivaSon pour transmettre ses connaissances et meilleures pratiques aux audioprothésistes du réseau. Cette mission présente aussi un aspect matériel pour les tests de nouveaux produits ainsi qu'une dimension relationnelle primordiale pour pérenniser l'échange avec les fournisseurs et nos équipes de terrain dans toute la France.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Image
Questions fréquentes sur l'audition
Vivason répond à vos questions
Les médicaments ototoxiques, qu’est-ce que c’est et comment les identifier
La perte auditive peut avoir différentes causes : presbyacousie, traumatisme sonore… Elle peut également survenir suite à la prise de certains médicaments dits ototoxiques qui vont...
En savoir +

Déposer un commentaire